jeudi 31 janvier 2013

La vie de l’apôtre Paul


La vie de l’apôtre Paul

I.                   Présentation
Paul, saint (v. 5-65 apr. J.-C.), premier missionnaire du christianisme auprès des païens et son premier théologien, appelé l'apôtre des Gentils.

II.               Sa vie

A.                 Education
Né dans une famille juive très pieuse à Tarse (aujourd'hui en Turquie), Paul fut prénommé Saül, du nom de l'ancien roi hébreu. Il fut circoncis le huitième jour, comme l'exige la loi juive (Torah) et son éducation fut en tous points conformes à l'interprétation pharisienne de la loi. Jeune juif de la Diaspora (la dispersion des juifs dans le monde gréco-romain), Saül adopta le prénom grec de Paul, dont la sonorité est identique à celle de son prénom juif d'origine.

Les Épîtres de Paul reflètent une grande connaissance de l'art de la rhétorique grecque, apprise sans doute durant sa jeunesse à Tarse. Son raisonnement montre aussi qu'il fut formé dans la plus pure tradition de la loi juive, en vue de devenir rabbin, peut-être auprès du grand maître Gamaliel à Jérusalem. Selon ses propres dires (Épître aux Galates, I, 14 ; Épître aux Philippiens, III, 6), il avait une parfaite connaissance de la loi juive, qu'il respecta strictement, et son zèle le conduisit à persécuter l'Église naissante des chrétiens, qu'il considérait comme une secte juive dissidente qu'il fallait éliminer (Épître aux Galates, I, 13). Il est décrit dans les Actes des Apôtres comme un témoin complice de la lapidation de saint Étienne, le premier martyr chrétien.

B.                 L’appel de Dieu
Paul se convertit au christianisme après avoir eu une vision du Christ sur la route qui le menait de Jérusalem à Damas (Actes des Apôtres, IX, 1-19 ; XXII, 5-16 ; XXVI, 12-18). Il n'utilise pas, pour qualifier son expérience, le terme de « conversion », qui exprime l'idée d'un changement de religion ; il considère que la révélation de Jésus-Christ est l'accomplissement de la religion juive. Il parlera plutôt de l'« appel » que Dieu lui a adressé et d'une révélation de Jésus-Christ. Il considère cet appel à devenir chrétien comme inséparable de l'appel à porter la parole aux Gentils. Il reconnaît la légitimité de l'évangélisation des juifs entreprise par Pierre, mais il est convaincu que le christianisme s'adresse à toutes les nations de la terre (les juifs et les païens) et que le message de Dieu doit se propager indépendamment de la référence à la loi juive.

C.                  Les voyages
Selon le récit des Actes des Apôtres, Paul entreprit trois voyages missionnaires aux itinéraires bien précis. Les Épîtres révèlent que l'apôtre fut guidé dans ses voyages par trois préoccupations majeures : le souci du missionnaire de porter la bonne parole dans les régions non encore évangélisées — d'où son projet d'aller vers l'ouest aussi loin que l'Espagne (Épître aux Romains, I, 14 ; XV, 24 et 28) —, le souci du pasteur de visiter les communautés qu'il a fondées pour régler certains problèmes et affermir les croyants dans la foi — comme par exemple la communauté de Corinthe, qu'il visita plusieurs fois —, le souci de collecter des fonds dans ces communautés chrétiennes d'origine non-juive pour les remettre en mains propres aux chrétiens de Jérusalem, d'origine juive. Bien que la raison profonde de cette dernière démarche ne soit pas évidente pour les exégètes, il est clair que Paul chercha d'abord à créer des liens entre les églises des chrétiens d'origine non-juive issues de ses missions et les chrétiens d'origine juive de Palestine.

D. Mort
D'après le récit des Actes des Apôtres, Paul fut arrêté à Jérusalem après des émeutes déclenchées par ses adversaires juifs, puis conduit à Rome ; il évoqua alors, selon les mêmes sources, l'éventualité de sa mort (Actes des Apôtres, XX, 24 et 38). Il fut exécuté à Rome vers 65 apr. J.-C. Dans l'Église catholique, sa fête est le 29 juin (saint Pierre et saint Paul). Sa « conversion » est fêtée le 25 janvier.
Le Nouveau Testament (voir Bible) comprend treize Épîtres attribuées à Paul, dont sept sont certainement de lui : la 1re épître aux Thessaloniciens, l'Épître aux Galates, les 1re et 2e épîtres aux Corinthiens, l'Épître aux Romains, l'Épître aux Philippiens, et l'Épître à Philémon, et trois font l'objet de controverses : la 2e épître aux Thessaloniciens, l'Épître aux Colossiens et l'Épître aux Éphésiens. Paul y évoque son expérience personnelle et son travail ; les chercheurs les considèrent donc comme la source principale d'informations sur sa vie et se servent des Actes des Apôtres (écrits plus tard) comme d'une source supplémentaire.

3. Théologie
Toutes les tentatives faites à ce jour pour résumer la pensée de Paul se sont heurtées à des obstacles, dus en particulier au fait que chacune de ses Épitres est un écrit de circonstance, adressé à une communauté particulière et écrit en fonction de certains événements. On ne trouvera pas, même dans l'Épître aux Romains, la plus systématique de toutes, d'exposé complet de la théologie de Paul. Certains thèmes sont répétés de façon suffisamment fréquente, ce qui permet de dire qu'ils constituent le cœur de sa pensée.

A.                 La loi et la foi
La révélation de Jésus ressuscité est le centre de la vie et de la théologie de Paul. Jusqu'alors, il avait cherché le salut par la pratique de la loi. Il pensait que ses « œuvres » le rendaient juste devant Dieu. Pour saint Paul, seul le Christ rend l'homme juste. C'est par la foi en Christ que l'homme peut échapper au péché (Épître aux Romains, III, 21-26). En effet, de lui-même, l'homme ne parvient pas à accomplir toute la loi. La loi était un guide juste et saint avant la venue du Christ, mais cette venue l'a rendue insuffisante (Épître aux Romains, VI, 7-13). C'est en croyant au Christ et en recevant de lui l'Esprit-Saint que l'homme est sauvé et justifié. Cela ne veut pas dire qu'il suffit de croire et que l'on peut se conduire de n'importe quelle façon. Si l'on croit, on essaie de vivre en conséquence de sa foi, en mettant l'amour au centre de sa vie (1re épître aux Corinthiens, XIII). Mais alors on n'agit pas pour être sauvé, mais parce qu'on a été sauvé et grâce à la force de l'Esprit-Saint.

B. Le Christ
Paul n'a pas connu Jésus durant sa vie terrestre et ne fait guère de référence à celle-ci. La croix (Voir aussi crucifixion) du Christ est pour lui le moyen du salut et la clef de la foi chrétienne. Le langage de l'Évangile, c'est le langage de la croix, qui révèle une puissance et une sagesse de Dieu supérieures à la puissance de l'homme (1re épître aux Corinthiens, I, 17). Sur la croix, le Christ prend et enlève les péchés des hommes, il donne sa vie par amour pour les hommes. Dieu, en le ressuscitant, pardonne aux hommes et leur donne une vie nouvelle en leur donnant l'Esprit-Saint. Paul développe une vision du baptême chrétien comme plongée dans la mort du Christ pour revivre avec lui. Le chrétien est déjà passé de la mort à la vie, du péché au salut.

C. L’église
« Pourquoi me persécutes-tu ? », demande Jésus à Paul qui persécute des chrétiens… Paul perçoit là l'union intime entre Jésus et ses disciples. Ils forment un seul corps, l'Église, dont le Christ est la tête. Ce corps est comparé au corps humain, qui est composé de plusieurs membres. Ainsi, dans l'Église, il y a des fonctions diverses, dont la première est celle d'apôtre. Paul s'affirme apôtre avec vigueur, bien qu'il n'ait pas fait partie des douze apôtres primitifs. En effet, il considère qu'il a reçu un appel particulier du Christ ressuscité pour annoncer l'Évangile aux nations païennes. Paul joua effectivement un rôle considérable dans l'extension du christianisme, car il fut le premier à se tourner systématiquement vers les non-juifs, alors que les autres apôtres s'adressèrent surtout aux juifs. C'est en grande partie à lui qu'on doit la séparation rapide entre une Église composée surtout de non-juifs et la religion juive.

D. Vision de l’homme
La pensée de Paul la plus mal interprétée fut certainement celle qui concerne sa conception de ce qu'il appelle la chair et l'esprit (Épître aux Galates, V). Ce ne sont pas là des termes qui désignent des parties constituantes de l'homme. Paul les envisage comme des sphères d'influence conflictuelles. Il appelle chair l'homme en tant qu'il est soumis au péché. Au contraire, l'homme spirituel est l'homme qui vit de l'Esprit-Saint qui lui a été donné par le Christ. Cet Esprit-Saint lui permet de transformer sa vie par les dons de l'amour, de la paix, de la joie et ainsi d'échapper au péché. La solution au mal ne se trouve donc pas dans l'application d'un code moral, et si saint Paul donne des conseils aux chrétiens sur leur vie quotidienne, c'est pour leur dire de vivre sous l'influence de l'Esprit-Saint et non sous l'influence de la chair.

E. Influence
L'influence de Paul n'a pas toujours été prépondérante dans la pensée chrétienne, d'autres théologies (celles de saint Jean ou de saint Matthieu) s'étant opposées à la sienne dès l'origine. Clément d'Alexandrie élabora l'interprétation spirituelle des Écritures à partir de son opposition entre la lettre et l'esprit. Saint Augustin et Luther s'appuyèrent sur sa conception de la foi et de la grâce. L'exégèse moderne du XXe siècle permit de redécouvrir les Épîtres de Paul, grâce à une meilleure connaissance du judaïsme rabbinique dont il était issu et des communautés auxquelles il s'adressait.

Croyez-vous aux miracles?


Miracle!
Ce mot vient du latin mirari, « s'émerveiller »), événement transcendant apparemment les pouvoirs humains et les lois de la nature, attribué à une intervention divine ou à des forces surnaturelles.

Les récits de miracles sont un élément constitutif de toutes les religions. Dans certaines sociétés, on attribue au chaman la faculté d'entrer en contact avec les forces extérieures et de soigner les malades grâce à ce pouvoir. Il est courant que le fondateur d'une religion soit crédité de pouvoirs miraculeux : selon la tradition juive, Moïse et les prophètes d'Israël ont accompli des actes miraculeux à la demande de Dieu, et des récits issus de la tradition musulmane relatent les miracles accomplis par Mahomet, notamment ses guérisons extraordinaires.

Dans le christianisme, des miracles sont attribués non seulement à Jésus mais aussi à plusieurs de ses disciples directs et aux saints chrétiens jusqu'aux temps présents. Outre les miracles accomplis par le Christ mentionnés dans les Évangiles, le Nouveau Testament fait état de la résurrection de défunts, du changement de l'eau en vin, de la multiplication de pains et de poissons pour nourrir une assistance nombreuse, de l'expulsion de démons et de la guérison de malades et de handicapés. Le miracle le plus important du Nouveau Testament est la résurrection du Christ. Sous l'influence de la philosophie grecque, les auteurs chrétiens en vinrent à accepter que les miracles possèdent une valeur de preuve, c'est-à-dire qu'ils prouvent que Dieu intervient dans l'histoire du monde.

À la lumière de l'analyse historique et critique des Évangiles, on considère généralement que les récits de miracles ne rapportent pas des événements historiques mais servent à inculquer des vérités religieuses. Ainsi, la signification du miracle réside plus dans le signe que dans l'événement lui-même.